SAINTS-MARTYRS-DES-DAMNÉS
19
janvier 2007 - par Lewis
Flavien
Juste [François Chénier] est journaliste
pour La Nouvelle Tribune, un petit tabloïd de bas étage
dans le genre National Enquirer. Accompagné d'Armand
[Patrice Robitaille], son photographe et meilleur ami, il
se rend à Saints-Martyrs-des-Damnés, un décrépit
petit village réputé pour ses mystérieuses
disparitions - un genre de triangle des Bermudes québecois...
Dès leur arrivée dans la région, les choses
prennent une tangente surnaturelle alors que Flavien aperçoit
sur la route une mariée plutôt creepy.... Les choses
vont de mal en pis quand ils arrivent à l'auberge du village,
un endroit austère géré par deux bizarres soeurs
jumelles... Quand Armand disparaît soudainement en prenant
des photos, Flavien se retrouve à la recherche de son ami
et de bien plus dans cet intriguant village aux habitants
hostiles...
Surprenant,
disjoncté et bien ciselé, Saints-Martyrs-des-Damnés
m'a tout simplement coupé le souffle. Un scénario
digne de David Lynch [mais où l'on comprend quelque
chose!] nous fait vivre une gamme complète d'émotions
et de sensations.... De la surprise au dégout,
en passant par la compassion, on vit les aventures de Flavien
avec les yeux rivés à notre écran, complètement
captivés par cet univers fantasmagorique à
la fois débridé et surréel mais du même
coup fermement ancré dans le psyché québecois.
Le film a donc cet aplomb des grosses productions hollywoodiennes
mais avec un cachet définitivement de chez-nous qui fait
qu'on embarque encore plus dans l'histoire... Et c'est selon moi
où se situe principalement le génie de ce film; le
parfait mariage des genres qui font qu'on passe d'une scène
de dépanneur comique à une scène de science-fiction
complètement weird sans que ça accroche d'aucune façon.
Les dialogues sont savoureux, l'intrigue captivante et les personnages
complètements éclatés.

Dès les
premières secondes, on sait que ce film sera un régal
pour les yeux. C'est pas trop compliqué, tout ce qui
concerne l'aspect visuel et la direction artistique de ce film est
tout simplement fabuleux. Les locations sont grandioses et
énigmatiques, les décors superbes et réalistes
et les costumes parfaitements exécutés. Les effets
spéciaux sont parfaitement dosés sans tomber dans
l'outrance et la photographie est rien de moins que splendide.
Personnellement, je pense que ce film est le film québecois
le plus visuellement accompli que j'ai eu la chance de voir.
Du superbe travail de la part de l'équipe de réalisation
et surtout du directeur artistique David Pelletier.

Du côté
des acteurs, François Chénier est excellent dans tous
les registres et Isabelle Blais est toujours aussi jolie
et sweet dans son rôle de hippie-chick jouant de la "slide-guitar"
pour ses vaches... Le film met également en vedette un vaste
assortiments de noms bien connus de la communautée artistique
québecoise: Michel Forget, Sylvie Boucher,
Monique Mercure, Monique Miller et Germain Houde
font partie de cette superbe [et large] distribution aux rôles
intenses et savoureux. Un bravo tout spécial à Carl
Hennebert-Faulkner [Médé] ainsi qu'au jeune
Alec Poirier [Quentin] qui amènent une touche
d'humanisme et de sincérité dans un film aux personnages
souvent mesquins et mystérieux. Rien à redire côté
bande sonore, tout est parfait et de haut niveau, avec de la belle
musique originale écrite spécialement pour le film
par Yves Desrosiers.

Une production
magistrale donc, prouvant hors de tout doute qu'il est possible
de faire de grands films de genre ici au Québec. Évidemment
que ce film est peut-être un peu trop "flyé"
pour le public "mainstream", mais en ce qui me concerne
ce n'est rien de moins qu'un petit chef d'oeuvre. En fait
je n'ai qu'un seul regret concernant ce film; ne pas l'avoir vu
au cinéma!
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